Chris St-Pierre — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

 

KAPUSKASING – L’équipe de hockey U18 AAA des Flyers de Kapuskasing a produit deux autres espoirs de calibre qui s’essayeront avec des équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) cet automne. Le défenseur Ryan Maynard vise un poste avec les Islanders de Charlottetown et l’attaquant Samuel Vachon souhaite convaincre les Wildcats de Moncton. Selon leur ancien entraîneur Glen Denney, ceci prouve que l’autoroute 11 peut produire des joueurs de talents avec très peu de ressources.

En tant qu’entraîneur-chef des Flyers de Kapuskasing de 2010 à 2015 et de 2017 à 2019, Glen Denney a vu cinq de ses joueurs être repêchés par des équipes de la Ligue de hockey de l’Ontario (OHL).

On peut ajouter à la liste l’ancien attaquant des Frontenacs de Kingston et des 67’s d’Ottawa, Zack Dorval, qui, après une saison à Kapuskasing, a pris un risque en jouant à Sault-Ste-Marie à sa première année d’éligibilité au repêchage de cette ligue.

Deux aspects changent la donne

Revenant aux succès de Maynard et Vachon, M. Denney peut identifier deux éléments qui contribuent à l’essor de ces espoirs :

«Numéro un : les parents sont beaucoup plus impliqués, particulièrement au niveau du temps plutôt que l’argent, note-t-il. La famille de Sam [Vachon] est un excellent exemple ; ses parents veillent à son succès, ne lui mettent pas trop de pression et lui donnent le plus d’outils possible pour réussir. […] Numéro deux : Hockey Canada a travaillé fort pour améliorer le calibre des entraîneurs. Je crois qu’il y a eu beaucoup d’opposition de la vieille école, mais il y a beaucoup plus de jeunes entraîneurs de 25 à 30 ans qui adhèrent au nouveau concept de développement personnel et d’habiletés.»

Samuel Vachon a affronté son ancien coéquipier Ryan Maynard les 2 et 3 septembre en match préparatoire de la LHJMQ (Crédit : Courtoisie NOJHL)

Ce changement de culture a permis à la nouvelle génération de travailler des éléments clés de leur jeu dès l’âge de 10, 11 et 12 ans, ce qui n’était pas la norme il y a quelques décennies. Le milieu a tellement changé au fil des ans que les familles changent elles aussi leurs habitudes.

«Si on ne commençait pas à offrir des entraînements spécialisés localement, on perdait des joueurs. Il y a quelques années, la notion de quitter sa ville natale pour jouer au hockey avait pour but d’offrir la compétition et le développement aux joueurs puisqu’ils ne pouvaient pas l’avoir dans le corridor du Nord.»

Un retard bien connu

Encore aujourd’hui, des joueurs vont faire le saut dans la Ligue de hockey Junior A du nord de l’Ontario (NOJHL) pour obtenir de l’expérience, mais selon l’entraîneur vétéran, il est maintenant souvent question d’opportunités et non de nécessité.

«À mon avis, l’autoroute 11 est trois ans en retard. Beaucoup de joueurs n’ont pas l’opportunité de jouer du U13 AAA ou du U15 AAA ici. Ça existait dans la région de Timmins, mais le programme a été éliminé. Pour la majorité, leur première expérience autour de joueurs aussi bons qu’eux est à 15 et 16 ans. Dans le sud de l’Ontario, ils la vivent à 12, 13 ou 14 ans.»

Glen Denney reconnaît qu’il est demandant pour un adolescent de Hearst, Cochrane ou Iroquois Falls de plier bagage pour se joindre à une équipe de calibre U18 AAA ou junior. Cependant, ceux qui le font peuvent en profiter pour se développer davantage et se faire valoir. L’exemple de Zack Dorval démontre à quel point il peut être bénéfique de choisir ce chemin.

Zack Dorval reprend la forme au camp d’entraînement des Flyers de Kapuskasing en août 2018 (Crédit : Chris St -Pierre)

Au moins, l’autoroute 11 peut se réjouir d’avoir un nouveau programme au niveau U15 BB depuis 2018, celui du Regional Express, qui offre la chance aux meilleurs joueurs de ces communautés de se développer dans la Ligue Intercité Hyundai de l’Abitibi-Témiscamingue. À un niveau plus élevé, la communauté de Hearst compte sur les Lumberjacks, qui a fait son entrée dans la NOJHL un an plus tôt.

Selon M. Denney, il est dorénavant plus facile que jamais de jouer du bon hockey proche de la maison. Il n’est plus nécessaire de voyager aussi loin, mais il faut continuer d’assurer la livraison de ces programmes pour le bien des prochaines générations de joueurs.

N.D.R : Depuis l’écriture de ce texte, Samuel Vachon a été retranché par les Wildcats de Moncton le 6 septembre et attend de connaître sa prochaine destination dans le monde du hockey.

Chris St-Pierre est un diplômé du collège La Cité en Radio et un membre l’équipe de CKGN depuis sa sortie en 2017. Le Britanno-colombien de naissance est à la fois animateur, journaliste, directeur de l’information et directeur de la programmation. Depuis juin 2017, il forme une moitié de l’équipe de l’émission « Le Réveil du Nord ». Il assure aussi la description des matchs et la couverture des Flyers de Kapuskasing. Durant ses temps libres, il est photographe amateur et travaille comme journaliste assigné au nord de l’Ontario dans le cadre de l’Initiative de journalisme local du Gouvernement du Canada. Il était auparavant journaliste préposé aux sports pour le journal kapuskois « La Presse Communautaire/The Community Press » et pigiste pour le journal « Le Voyageur ».